jeudi 5 décembre 2013

Cantatrix Sopranica : un écho?

J'ai trouvé cet article scientifique en tout point remarquable et ne résisterai pas plus longtemps à le partager avec vous. Pour les - rares on l'espère - malheureux qui ne connaîtraient pas les travaux princeps de G.P., voici de quoi les préparer à la lecture de ce qui suit : 











Maintenant que les présentations sont faites, venons-en au plat de résistance; hé hé, trois pages plutôt denses quand même, œuvre du génialement inventif Doug Zongker :





lundi 18 novembre 2013

Bosse-de-Nage #3 - Langage : une Découverte?

Ici il convient d'ôter le masque : j'ai exercé la médecine pensant 40 ans (en gros), et cette branche particulière de la neurologie qui s'occupe des fonctions supérieures : langage, praxies, gnosies, espace, mémoire, intelligence… Ça s'appelle la neuropsychologie. Et plus spécialement, je me suis occupé des aphasiques. Que l'étude du langage et de ses troubles m'ait conduit à la pratique de l'écoute de la parole n'a en soi rien de tellement surprenant, même si ça ne se produit pas chez tous mes collègues. Il y a fallu, comme souvent, une nécessité, une rencontre, une longue pratique. C'est une autre (et longue) histoire.

Mais je n'ai pas perçu immédiatement que ma fascination pour Bosse-de-Nage tirait son origine de ce que j'avais ressenti avec mes premiers patients aphasiques, pas tous, pas n'importe lesquels, les "Broca".

Très schématiquement, on distingue l'aphasie de Broca, parlant peu ou pas, comprenant pas trop mal, de l'aphasie de Wernicke, comprenant mal et parlant souvent un jargon. Encore une fois très schématiquement, les lésions du cerveau intéressent des parties différentes de l'hémisphère gauche (chez la plupart des droitiers)


Laissons de côté Carl Wernicke et ses jargonaphasies pour nous recentrer sur Pierre-Paul Broca (1824-1880) et son fameux Tan-Tan : Leborgne, patient princeps, l'homme par qui tout a commencé. Tan-Tan exprimant ses deux syllabes sur tous les tons, sans aucune autre production syllabique : ce qu'on appelle une stéréotypie verbale

Ah, ah? Tan-Tan et Ha-Ha se ressemblent bigrement. Mais ça ne suffit pas; un autre élément vient conforter mon intuition qui se transforme bientôt en certitude. On a vu précédemment que de temps à autre Bosse-de-Nage émettait le syntagme figé suivant : "vessie natatoire avec inscription dessus" et ceci, sans qu'aucun rapport avec la situation ou les arcanes de la conversation autour de lui ne l'exige. C'est un phénomène purement automatique, que l'on retrouve chez les sujets présentant une aphasie de Broca. Ils présentent une anomie, ou incapacité à trouver leurs mots: ce manque du mot est constant. On observe des difficultés articulatoires qui peuvent disparaître lors d'énonciations automatiques (chant, récitation, jours de la semaine...). Parfois, ils ne conservent qu'une phrase ultime correspondant plus ou moins à leurs dernières pensées au moment de l'accident vasculaire cérébral. Les exemples ne manquent pas tel le Not tonight, John, exemple magnifique de cette anglaise frappée par l'AVC au moment où elle recevait son amant. Tel aussi le Crénom de Baudelaire, et tant d'autres… Parfois, les énoncés sont moins rudimentaires, plus articulés…

Mais il est temps de conclure pour aujourd'hui : Bosse-de-Nage est la représentation en acte, non métaphorisée, d'un aphasique. Ce que cela représente sur le plan de la diffusion des idées dans la société de cette époque sera envisagé plus tard.

jeudi 31 octobre 2013

Parenthèse : censure

Aïe, attention, la liberté d'expression est toujours en péril. on ne sera jamais assez méfiant. La preuve, cet article : http://thinkprogress.org/justice/2013/10/30/2859291/alabama-blogger-arrested-jailed-writing-governors-son/

Cette photo qui l'illustre a attiré mon regard


mercredi 30 octobre 2013

Bosse-de-Nage #2 - Langage : Nouvelles perspectives

Voyons tout d'abord ceci, qui décrit très précisément le langage de Bosse-de-Nage : il ne vous rappelle rien, ce langage? Hein? Et à vous mes amis neurologues, mes amies orthophonistes? Allons, encore un effort… Voilà, vous y êtes. Bosse-de-Nage est Aphasique! La belle affaire direz vous, un singe, ça ne parle pas! Oui, peut-être, mais celui-ci parle, un langage, certes, réduit, mais articulé et, on l'a vu dans l'article précédent, susceptible de nombreuses intonations. Autrement dit, la gestuelle faciale qu'il met en œuvre au moment où il émet ses sons atteste d'une pensée sous-jacente. Ah ah, me direz vous! Oui, Ha Ha, voici un bel exemple de stéréotypie verbale, du même type que celles qu'on observe chez ces patients porteurs d'une aphasie de Broca.


À quoi il faut ajouter cette phrase stéréotypée qui s'apparente à ces productions attestant du dernier moment de lucidité de l'appareil à langage avant l'accident vasculaire cérébral et son crépuscule  : "vessie natatoire avec inscription dessus". 


Comment ne pas remarquer cette coïncidence étonnante entre  la publication Des "Gestes et Opinions…" en 1911 comme en attestent les photos ci-dessous 


et les publications des grands neurologues de la 
fin du XIXe siècle et du début du XXe?
Je me promets d'y revenir


Rendons la grâce qui lui est due à la SAAJ : Société des Amis d'Alfred Jarry) 
qui met à disposition la plupart des textes numérisés d'AJ et 
qui est hébergée par la Bibliothèque Municipale de Laval, Mayenne


lundi 28 octobre 2013

Bosse-de-Nage #1 - Langage

On l'a vu dans l'article précédent, Bosse-de-Nage, ce Babouin Papion (Papio-Papio), aussi étrange que ça puisse paraître, est né au Québec, plus précisément à Saint-Louis-du Ha! Ha! Il n'était pas évident jusqu'ici que le climat du Québec s'apparente suffisamment à celui des forêts tropicales pour permettre son acclimatation, mais c'est peut-être un conséquence inattendue du réchauffement climatique!

On ne discutera pas le point de savoir si Bosse-de-Nage parle ainsi du fait du nom de son village d'origine et qui l'aurait marqué de façon non seulement indélébile mais encore totalement exclusive de tout autre vocable, ou si les édiles de Saint-Louis, Qc, on tenté de profiter d'un pan de la gloire de l'illustre Babouin…

Le langage de Bosse-de-Nage a été fort heureusement préservé - ou reconstitué, si l'on préfère - ici :


On repère volontiers la grande qualité expressive de ce discours malgré la retenue dont fait preuve le locuteur. Indicatif, impératif, dubitatif, laudatif, interrogatif, soupçonnif, irritatif… 
C'est plus que ce dont beaucoup de nos compatriotes contemporains trouvent nécessaire d'user.


Quant à l'artiste, on parierait volontiers sur une reconstitution fidèle à l'original, non sans lui tirer un grand coup de chapeau pour sa bravoure

Je pense ne pas trahir un bien grand secret en révélant que le Ha Ha a encore de beaux jours devant lui…

samedi 26 octobre 2013

vendredi 25 octobre 2013

Métiers anciens ou oubliés #2



Non, il ne s'agit pas du métier de menuisier,
 ainsi qu'un coup d'œil trop rapide pourrait le laisser croire, 
mais du métier de Layetier
Ce Manuel-Roret est mis en vente par l'excellent Pierre Brillard 
dont la librairie recèle et offre des trésors

Le Layetier n'est pas, comme on pourrait croire, 
un tricoteur de sous-vêtements pour bébé, 
mais un fabricant de caisses d'emballage, dites Layettes


Encore un mot nouveau pour ma collection